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Notre odyssée pour le lycée

Grrr… Un petit coup de gueule, déjà parce que ça fait du bien et puis qui sait, ça fera peut être avancer les choses.

Hippolyte rentre en seconde l’année prochaine. Cette année, il fallait donc faire des vœux pour le lycée. Et il y a deux trois choses qui, vraiment, montrent que la France est encore et toujours à la traîne en terme d’accessibilité et d’inclusion pour les élèves handicapés. Ce qui n’est pas nouveau, et ne concerne bien sûr pas seulement les élèves en fauteuil comme Hippolyte.

Pour faire nos vœux, nous avons un formulaire spécial, en plus de la demande classique « Afelnet ». Le cas des élèves handicapés est examiné lors d’une commission médicale, qui facilite les dérogations. Heureusement, car le lycée de secteur, nous le savons, n’est pas accessible. Mais comment savoir lesquels demander ?

Tout d’abord, nous regardons  la superbe brochure de l’Onisep « Après la 3ème » distribuée au collège. Les lycées sont bien répertoriés, par commune, par section, par option, etc. On s’attendrait donc à un petit logo qui nous indique lesquels sont accessibles en fauteuil, histoire de nous faciliter la tâche. Mais non, ce serait trop facile apparemment.

Nous allons donc sur Internet. Requête simple, qui devrait être efficace : « lycées accessibles handicap Ile-de-France » : il doit bien y avoir une liste ! Espoir vain, pas de liste. Mais ici un article qui déplore la misère en terme d’accessibilité des lycées en Ile de France : en juin 2016, « 12 lycées sur 469, soit 2,5% sont pleinement accessibles aux lycéens en situation de handicap »…

Un autre article, datant du 30 août 2017, suscite l’espoir : « Valérie Pécresse : notre objectif, rendre les lycées 100% accessibles ! » Mais, à la lecture de l’article, on comprend vite que le retard est tel qu’il ne faut pas espérer pour demain l’accessibilité de 100% des lycées  : « au cours des deux années écoulées, « des travaux d’accessibilité sur mesure ont été réalisés dans 12 établissements » ». 12. On n’est pas rendus. Et ça ne me dit toujours pas lesquels.

Deuxième essai, plus ciblé : le site de l’académie de Versailles – celle dont nous dépendons. Là non plus, pas de liste simple des lycées accessibles. Mais tout de même une notice détaillée sur la scolarisation des élèves handicapés.

Commence alors, avec l’aide de la conseillère d’orientation du collège, une longue suite d’appels téléphoniques. Nous avons contacté, elle ou moi, tous les lycées dans un rayon de 30 minutes en transports autour de chez nous. Et nous n’avons pas été déçues. Entre ceux qui répondent qu’ils ne sont pas aux normes, ou bien que leur ascenseur tombe toujours en panne, ceux qui n’ont jamais vu d’élèves en fauteuil, ceux qui nous disent de leur écrire un mail pour ensuite nous répondre de passer notre chemin… au total, seuls deux lycées semblent en mesure d’accueillir Hippolyte : le lycée Léonard de Vinci de Levallois et le lycée Jules Ferry. Pas de chance, ce dernier est à Paris. Et, comme ce n’est pas la même académie, ce n’est pas DU TOUT le même circuit pour faire les demandes !

Au final, obligés de soumettre trois choix, nous avons demandé -en plus du lycée de Levallois que l’on espère vraiment obtenir- deux lycées dont on sait qu’ils ne remplissent pas les critères pour accueillir Hippolyte dans de bonnes conditions, avec son fauteuil, sa rééducation, ses besoins spécifiques… et son dossier d’excellent élève qui aimerait aller en classe européenne et faire S ensuite. Et, finalement, nous avons renoncé à faire un dossier parallèle pour demander Paris. Nous avions déjà dépensé toute notre énergie.

Alors s’il vous plait, mesdames et messieurs de l’Onisep, des Rectorats et des Académies, prenez la peine, s’il y a si peu de lycées accessibles aux élèves en fauteuil, de flécher les parcours et d’indiquer, a minima, qu’ils existent et où ils sont. Ce serait un bon début. De notre côté on demandera de votre part aux collectivités d’accélérer les travaux de mise aux normes. Car, dites-moi, les établissements scolaires sont bien des ERP, et donc soumis aux lois d’accueil du public handicapés, non? Au vu des réponses de certains proviseurs, il semblerait que tout le monde ne soit pas au courant…

 

 

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Pour en savoir plus :

  • le dossier de la MAIF, très complet, sur l’accessibilité des établissements d’enseignement

L’article R.123-2 du Code de la construction et de l’habitation définit les  « établissements recevant du public » comme « tous bâtiments, locaux et enceintes dans lesquels des personnes sont admises, soit librement, soit moyennant une rétribution ou une participation quelconque, ou dans lesquels sont tenues des réunions ouvertes à tout venant ou sur invitation, payantes ou non. Sont considérées comme faisant partie du public toutes les personnes admises dans l’établissement, à quelque titre que ce soit, en plus du personnel. »
Il est donc évident que tous les établissements scolaires entrent dans cette définition.

  • le  guide du Ministère de l’Education Nationale pour la scolarisation des élèves en situation de handicap
  • la fiche d’information du Ministère sur la scolarisation des élèves handicapés

 

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